France - Turquie: une grave crise diplomatique peut encore être évitée

 - Turquie: une grave crise diplomatique peut encore être évitée

- Turquie: une grave crise diplomatique peut encore être évitée

Par UNION EUROPEENNE, le 26 Octobre 2021

L’annonce de l’expulsion de 10 ambassadeurs par le Président turc ne peut être interprétée que comme une tentative de détourner l’attention des vrais sujets urgents, selon les députés.

Le rapporteur permanent du Parlement pour la Turquie, Nacho Sánchez Amor (S&D, ES) et le président de la délégation parlementaire UE-Turquie, Sergey Lagodinsky (Verts/ALE, DE), en réaction au Président Erdoğan qui a ordonné au ministre des affaires étrangères de déclarer 10 ambassadeurs persona non grata en raison de leur déclaration sur le dossier en cours concernant l'homme d'affaires Osman Kavala, ont averti:

‘‘Les mesures annoncées par le Président turc à l’encontre de 10 ambassadeurs, liées à leur déclaration sur la persécution dont fait actuellement l’objet l’homme d’affaires Osman Kavala, sont incompréhensibles et totalement infondées. Nous ne pouvons les interpréter que comme une tentative de détourner l’attention des vrais sujets urgents, qu’ils soient intérieurs ou bilatéraux. Ce ne sont ni ces ambassadeurs ni leurs gouvernements qui ont décidé qu’il était de la responsabilité de la Turquie de relâcher Osman Kavala. C’est la Cour européenne des droits de l’homme qui a ordonné sa libération immédiate en décembre 2019, ce qui a été réitéré ensuite par six décisions et une résolution intérimaire du Comité des ministres du Conseil de l’Europe. La Turquie doit donc respecter l’arrêt de la Cour, tout comme il est de son obligation de respecter un arrêt similaire concernant Selahattin Demirtaş.

Nous sommes au bord d’une grave crise diplomatique qui peut encore être évitée. Nous appelons les autorités turques à ne pas prendre de mesures qui pourraient aboutir à un scénario encore pire pour nos relations que ce nous avons vécu ces dernières années, alors que nous espérions pouvoir surmonter cette crise. Encore une fois, nous appelons la Turquie à respecter ses engagements internationaux et à se conformer aux arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme concernant, entre autres, les cas d'Osman Kavala et de Selahattin Demirtaş.

Nous exhortons l’Union européenne à coordonner une réaction commune et, tant que cela est possible, à encourager nos homologues turcs à la désescalade.’’

Contexte

Le Président turc a annoncé samedi qu’il avait donné l’ordre à son ministre des affaires étrangères de déclarer les ambassadeurs de 10 pays persona non grata. Les 10 pays en question sont le Canada, la France, la Finlande, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède et les États-Unis. Le Président Erdoğan souhaite que les ambassadeurs soient expulsés après que les 10 pays concernés ont exhorté le gouvernement à relâcher le militant Osman Kavala, qui est prisonnier politique dans le pays depuis près de quatre ans sans avoir été condamné.

Le 8 octobre, le rapporteur permanent de la commission des affaires étrangères pour la Turquie, Nacho Sanchez Amor, s’est rendu en Turquie et a assisté au procès de M. Kavala, en signe de solidarité.

 

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