Europe - 140 anciens chefs d'État (dont François Hollande) et lauréats du Prix Nobel appellent les trois candidats à la succession d'Angela Merkel à se prononcer en faveur de la levée des brevets sur les vaccins anti-covid.

 - 140 anciens chefs d'État (dont François Hollande) et lauréats du Prix Nobel appellent les trois candidats à la succession d'Angela Merkel à se prononcer en faveur de la levée des brevets sur les vaccins anti-covid.

- 140 anciens chefs d'État (dont François Hollande) et lauréats du Prix Nobel appellent les trois candidats à la succession d'Angela Merkel à se prononcer en faveur de la levée des brevets sur les vaccins anti-covid.

Par Oxfam France - communiqué de presse , le 14 Septembre 2021

A quelques semaines des élections fédérales allemandes devant désigner le ou la successeur·e d'Angela Merkel, près de 140 ancien·ne·s chef·fe·s d'État et lauréat·e·s du prix Nobel, dont François Hollande, Gordon Brown, Mary Robinson, Françoise Barré-Sinoussi, Denis Mukwege et Joseph Stiglitz, adressent une lettre ouverte aux trois candidats à la chancellerie allemande, Annalena Baerbock, Armin Laschet, et Olaf Scholz, publiée ce matin dans Der Spiegel (1) les appelant à revenir sur le blocage allemand contre la levée des brevets sur les vaccins anti-covid. 

Cela fait un an que rien ne bouge 

Pour accélérer la production de vaccins et protéger leurs populations, il y a exactement un an (octobre 2021) une coalition de plus d'une centaine de pays du sud, menée par l'Inde et l'Afrique Sud, a déposé une demande de levée temporaire des brevets sur les vaccins au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Actuellement les vaccins sont un privilège des pays riches. Moins de 2% des populations des pays à faible revenu ont reçu une première dose de vaccin. Pourtant, l'Afrique a récemment atteint le triste cap des 200 000 décès liés à la Covid19.

Au printemps dernier, plusieurs pays riches, dont les États-Unis et la France, avaient publiquement soutenu cette demande portée par plus d'une centaine de pays en développement. La semaine dernière encore, l'Australie avait rejoint l'appel de l'Inde et l'Afrique du Sud. 

Néanmoins, des mois après les annonces de Joe Biden (mai 2021) et d'Emmanuel Macron (juin 2021), les négociations sont actuellement bloquées au sein de l'OMC, notamment à cause de l'opposition de l'Union Européenne menée par l'Allemagne d'Angela Merkel. Cette dernière défendant ouvertement les intérêts des entreprises pharmaceutiques allemandes, telles que BioNTech, à l'origine du vaccin le plus efficace contre la Covid19. 

Le blocage allemand sur la demande de levée des brevets

A quelques semaines du changement de pouvoir en Allemagne, près de 150 ancien·ne·s chef·fe·s d'Etat et lauréat·e·s du prix Nobel, dont François Hollande, renouvellent leur appel à faire des vaccins anti-covid un bien public mondial en s'adressant cette fois aux trois candidats à la chancellerie allemande. 

«L'Allemagne est aujourd'hui dans une position unique et historique. Elle a contribué à créer la technologie vaccinale la plus efficace contre la Covid-19. En cassant les monopoles détenus par les groupes pharmaceutiques et en insistant pour que les technologies soient partagées, elle peut contribuer à vaincre cette pandémie mondiale », déclarent les 148 signataires du courrier. 

« La France fait preuve d'un silence coupable » (Cécile Duflot)

En juin dernier, à la veille du G7, le président Emmanuel Macron, avait publiquement annoncé le soutien de la France à la demande portée par l'Inde et l'Afrique du Sud au sein de l'OMC, rejoignant ainsi les forces progressistes faisant primer l'intérêt de l'humanité sur les intérêts privés de riches industries pharmaceutiques. Depuis, la France a échoué à convaincre ses partenaires européens de soutenir la levée des brevets sur les vaccins, se cachant derrière le refus allemand pour ne pas s'opposer aux lobbies pharmaceutiques. 

« Nous avions vivement félicité les annonces du Président Emmanuel Macron, néanmoins celles-ci ne peuvent rester lettre morte. La France ne peut pas abandonner ses partenaires des pays en développement, en particulier le Président Sud-Africain Cyril Ramaphosa, dans le cadre des négociations au sein de l'OMC. Sans mener jusqu'au bout le combat au sein de l'Union Européenne en faveur de la levée temporaire des brevets, la France fait preuve d'un silence coupable », déclare Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France. 

 

Illustration : https://pixabay.com/photos/vaccine-injection-corona-6343845/

Oxfam France - communiqué de presse (14-09-21)

 

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