Irlande - Macron-Merkel : la relation franco-allemande dans l’Union européenne post-Brexit

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Par Gabriel Richard-Molard pour la Fondation Jean-Jaurès, le 30 Novembre 2020

Macron-Merkel : la relation franco-allemande dans  l'Union européenne post-Brexit

Quels sont les contours de la relation franco-allemande depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017 ? Gabriel Richard-Molard, docteur en droit européen, spécialiste des questions européennes et franco-allemandes, revient sur les différentes séquences de cette nouvelle relation franco-allemande entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, marquées par le Brexit et la crise du Covid-19.

Emmanuel Macron et Angela Merkel utilisent la relation franco-allemande et son formidable potentiel politique pour faire avancer leurs agendas, mais aussi dans une mesure certaine l'agenda européen et des deux pays ensemble. 

La relation franco-allemande a été particulièrement impactée par le Brexit. Il faut se rappeler qu'en 1973 lorsque les Britanniques rentrent dans les communautés, le traité de l'Élysée du 22 janvier 1963 n'a que dix ans et la réconciliation franco-allemande est toujours et plus que jamais en construction et parfois en difficulté. En effet, la relation franco-allemande dans le contexte de l'intégration européenne moderne, s'est développée dans un espace politique où le Royaume-Uni servait alternativement de repoussoir et d'allié selon les sujets. Ainsi traditionnellement Britanniques et Allemands, de tradition économiquement plus libérale, tendaient à voter ensemble en matière économique, lorsque Français et Britanniques, anciennes puissances impériales avec des ambitions géostratégiques mondiales, convergeaient sur les questions stratégiques et de défense. 

Le départ des Britanniques et le siège vide qu'ils laissent au sein des institutions européennes impliquent un rééquilibrage des rapports de force au sein de ces mêmes institutions et pour les différents cercles d'intérêts auxquels ils appartenaient comme par exemple celui des États-membres peu enclins à une intégration politique ou ceux qui œuvrent, comme l'Irlande, l'Estonie ou les Pays-Bas à limiter toute initiative de convergence fiscale. 

Sur la relation franco-allemande, l'impact est non moins important, avec au premier chef la nécessité pour les deux États d'apprendre à travailler seuls et sans possibilité de trouver en interne à l'Union européenne un allié objectif suffisamment fort pour les soutenir. Dans ce contexte, et nous y reviendrons plus en détail, l'Espagne, comme la Pologne apparaissent comme des États membres avec lesquels la relation pourrait s'approfondir dans les prochaines années.

À cela, il faut évidemment rajouter le contexte pandémique et surtout, la gestion de la crise économique subséquente. Encore une fois, le couple franco-allemand même s'il aura joué un rôle décisif dans la mise en place du plan de relance, contre l'avis des frugaux (mais aussi surtout des paradis fiscaux de l'Union), aura été balloté par ses propres contradictions, les contraintes politiques et sociales inhérentes à chacun et l'enrobage politique propre à la relation franco-allemande.

Ces modifications profondes de la relation franco-allemande, provoquées principalement par le Brexit mais aussi par de grands mouvements de fond, comme la montée des mal-nommés « populismes » en Europe et dans le monde ainsi que leurs réalisations politiques dans les personnes de Boris Johnson, Donald Trump, Jair Bolsonaro et tout cela pour les années 2020 et 2021 de pandémie et de crise économique globale, donnent une tonalité toute particulière au tandem franco-allemand Macron-Merkel. 

C'est cette tonalité, que nous tenons pour suffisamment différente des autres tandems franco-allemands que nous tenterons dans le présent article de définir les tendances principales et horizontales de cet attelage et ainsi pouvoir contribuer à une meilleure vision de l'état de l'Union en 2019-2020. 

Gabriel Richard-Molard pour la Fondation Jean-Jaurès (30-11-20)

 

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